mercredi 21 mars 2018

Présidence de l'AFEF, élection de Jean-Marie Ballu

Jean François Bontoux et Jean-Marie Ballu
en juin 2017 au Musée de la Chasse / Paris
Lors de l'Assemblée Générale qui s’est tenue le 19 mars 2018 à l'Académie d'Agriculture à PARIS, Jean-Marie Ballu a été élu Président de l’Association Française des Eaux et Forêts. Il succède au Président Jean François Bontoux qui avait annoncé il y a un an qu'il ne se représenterait pas.
 
L'Assemblée Générale a remercié avec beaucoup d'émotion Jean François Bontoux, qui fut un grand industriel du bois, construction et énergie, pour ses 18 années de dévouement et de présidence.
 
Un renouvellement important du Conseil d’administration de l’AFEF a précédé cette élection marquée notamment par un rajeunissement et une féminisation. Sur la proposition du nouveau président, le Conseil d'Administration a ensuite élu  Vice-présidente de l’association Geneviève Rey, ancienne Directrice Générale Adjointe de l'ONF.
 
Jean-Marie Ballu, vice-président depuis 6 ans, avait notamment organisé et piloté le groupe de travail préparant le colloque "Pour un essor de la filière forêt-bois" qui s'était tenu avec grand succès et en présence du ministre le 26 septembre 2016 au Palais du Luxembourg (250 participants).
Il a présenté un vrai programme sur cinq ans, reposant notamment sur une large ouverture de l’AFEF au monde d'aujourd'hui, une amplification de la communication par les réseaux sociaux pour faire connaitre et partager ses analyses, et la création de correspondants régionaux car la forêt et le bois doivent se traiter non seulement à Paris mais aussi dans nos territoires, au plus près de nos forêts et des transformateurs...
Enfin, il a proposé de créer plusieurs pôles thématiques :
          - industrie du bois et construction,
          - recrutement et parrainage,
           - histoire et organisation du prochain centenaire de l’association,
           - communication, réseaux sociaux et relations presse....
 
Pour mémoire :
L’Association Française des Eaux et Forêts (AFEF) est un "think tank", une communauté de réflexion et d'échange entre tous les partenaires de la filière forêt-bois disposés à la faire progresser et elle a toujours rassemblé des compétences reconnues. La cooptation sur présentation d’un parrain est la règle.  Elle a pris la suite de la Société des amis et anciens élèves de l'École nationale des Eaux et Forêts, association créée à Nancy en 1925 à l’occasion du centenaire de l’enseignement forestier, celui de l'École royale forestière créée en 1824.   Elle est reconnue d'Utilité Publique.                           Voir www.afef.fr.

dimanche 18 mars 2018

Tours en bois de très grande hauteur

Voir l'article de Pascal Jacob : "Immeuble en bois : prenons garde de ne pas griller les étapes".

Dans sa conférence "Un paradoxe français, une forêt sous-exploitée et un risque d'envol  des constructions en bois importés"  faite à l'AFEF le 12 octobre 2017, Jean-Marie Ballu avait employé la formule Mettre  plus de bois dans les maisons... plutôt que faire plus de maisons en bois ! et ce pour mettre l'accent sur le bois français et nos feuillus, et prôner comme depuis des siècles la mixité et la complémentarité des matériaux, chaque matériau à sa place, plutôt que des solutions idéologiquement entièrement en bois.
Le bois doit avoir toute sa place mais vouloir faire tout en bois peut parfois conduire à des utilisations contreproductives et décevantes.

Dans son article "Immeuble en bois : prenons garde de ne pas griller les étapes", Pascal Jacob développe des idées du même ordre. Après avoir rendu hommage aux progrès de la construction bois traditionnelle et à l'excellent travail de fond réalisé, en France, par la profession et l'association ADIVBOIS sur le marché des bâtiments de moyenne hauteur (<50 m), démonstrateurs des possibilités du bois, il met en garde sur l'inflation prématurée vers des immeubles de très grandes hauteurs en bois (projet à Tokyo : 350 m de haut).  En revanche il appelle aussi l'attention sur l'intérêt de la mixité des matériaux et leur complémentarité.
Pour découvrir son article, voici le lien vers son blog : http://bit.ly/2IsyNS5
 
Oui évidemment au bois, oui à un maximum de bois, mais à la bonne place, sinon gare au boomerang et à la contrepublicité.

samedi 27 janvier 2018

A la Sorbonne, musique, vénerie et trompe de chasse du XVIII° à aujourd'hui avec la FRTM et la FITM

La Sorbonne, temple de la culture et de l'art, s'ouvrait le 26 janvier 2018 à la trompe de chasse et à son histoire, de la toute fin du XVII°  à aujourd'hui. En effet la Fondation pour le Rayonnement de la Trompe Musicale (FRTM) et la Fédération Internationale des Trompes de France  (FITF) y organisaient  toute la journée un colloque intitulé "La trompe de chasse ad libitum("selon son inspiration") agrémenté d'un magnifique concert.

La chasse en forêt était le grand plaisir des princes. C'est par la chasse et la trompe que la forêt profonde se présentait à la cour. Le marquis de Dampierre fut le premier à écrire et codifier les signaux devenus fanfares qui permirent de communiquer les phases de la chasse - les "circonstances"- et les "animaux". D'abord attaché au duc du Maine et maître de sa vénerie en 1709, il deviendra en 1722 gentilhomme des menus plaisirs de Louis XV et commandant des équipages verts du roi.
 
Le colloque : sous la présidence de Sophie de Laporte (pte FRTM) et d'Antoine de La Rochefoucauld (pt FITF), et après l'introduction du professeur Jean-Michel Leniaud (dir. EPHE), les intervenants étaient des universitaires, historiens ou ethnomusicologues et des musiciens ou sonneurs. Vous auriez appris que la mesure est en 6-8 qui imite le galop du cheval, que le taïaut plait aux chiens et pourquoi la trompe est en ré, le ton de ré étant aussi le ton royal... enfin son vibrato spécifique est inconnu de son cousin le cor d'harmonie. La description des fêtes à la cour des princes de Condé et de Conti, ou à celle du roi,  montrèrent l'amour de la vénerie du cerf et le passage de la trompe, de la chasse à la grande musique. Les dernières tables rondes étaient consacrées aux méthodes d'enseignement de la trompe et à l'évolution de la composition pour cet instrument ; le concert permit notamment d'entendre des compositions contemporaines, celles d'Hubert Heinrich.
 
Le concert : le cor qui était déjà musique en jouant avec les orgues des églises et le chant grégorien, va entrer dans la musique de cour et les opéras, souvent pour y symboliser la chasse.  Les œuvres de Telemann, Mouret, Rameau, Mozart ou Haydn en attestent.  Fut jouée à la Sorbonne la "troisième symphonie pour cordes et deux trompes" une œuvre de Pierre Vachon, dédiée au Prince de Conti, cousin du roi, qui avait reçu en son hôtel du Temple le jeune Mozart. Elle fut interprétée sous la direction de Xavier Delette par les cordes de l'orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional et avec, à la trompe, Nicolas Dromer et Sylvain Oudot.
Préalablement ils avaient sonné des airs de chasse comparant l'interprétation contemporaine à celle reconstituée du XVIII°, le taïaut qui suit certaines notes, les précédait alors ! ; extraordinaire et révélatrice audition.
Rejoints par d'autres trompes, ils sonnèrent en trio, quatuor puis octuor, en pleine trompe ou en "radoux". Ce concert dans l'amphithéâtre Richelieu fut un énorme succès, quels virtuoses ! Merci à la Sorbonne d'avoir permis cette rétrospective et ces échanges sur la trompe.                   
Elle reste le symbole de la chasse et de la forêt et figure encore sur leurs uniformes.
 
 




 

vendredi 15 décembre 2017

Sous-exploitation de la forêt française : des propos fortement relayés après la conférence du 12 octobre

 

Après la conférence "Un paradoxe français, une forêt sous-exploitée et un risque d'envol  des constructions en bois importés"  faite à l'AFEF le 12 octobre 2017, les propos de Jean-Marie Ballu ont été largement repris, déjà dans une vingtaine de quotidiens (L'Usine nouvelle, Le Moniteur, Ouest France, Les Echos, Le Figaro...).  Les messages mis en avant étaient :
- 50 % de la production biologique de la forêt française n'est pas utilisée et la récolte stagne depuis deux décennies alors que la production biologique a augmenté de 30 %. Le ministre Le Foll avait réaffirmé le souhait d'une augmentation de 12 millions de m3 de la récolte de bois d'ici 2026,
- redonner le goût des feuillus au public ; ils sont disponibles et pourraient être davantage utilisés en structure, ameublement et décoration , dessins du bois et loupes... mais aussi pour "panneaux massifs" épais ou CLT.
- mieux extraire le bois de nos forêts et mieux utiliser nos propres bois, d'où la formule Mettre  plus de bois dans les maisons... plutôt que faire plus de maisons en bois ! ce qui ouvrirait plus de place à nos feuillus,
- s'attacher à la mixité et à la complémentarité des matériaux, et la promouvoir,
- et replanter des résineux et peupliers pour  combler les trous de production attendus dans les 30 ans, par un Fonds de reboisement et d'adaptation de la forêt au changement climatique (FRACC) à créer. 
 Jean-Marie BALLU  a rappelé qu'après les progrès incontestables de la filière bois ces dernières années, existe aujourd'hui un risque de décrochage d'avec la forêt française. Trop recourir à la solution de facilité d'importation de résineux, est déstructurant pour la forêt française qui irait  vers une forêt seulement "protégée", délaissée par l’économie, se reposant sur d'autres forêts industrielles européennes.
Enfin parce que les complémentarités sont fortes avec le béton -soubassement, noyau central... et les autres matériaux briques, tuiles, ardoises etc. , il appelle à des démarches volontaires de coopération pour conduire à une incorporation volontaire et croissante de bois dans les constructions et les industriels français pourraient envisager de venir aider cette filière soutenable en y contribuant au titre de la compensation carbone à espérer... Quant au reboisement indispensable, comment et avec qui créer un tel fonds ?
Des responsables de la filière, qui n'avaient pas pu assister en direct à cette conférence, ont alors demandé à rencontrer Jean-Marie Ballu pour échanger avec lui sur ces thèmes ou les partager. Notamment Antoine d'Amécourt, président de Fransylva (forêt privée française)... et Cyril Le Picard l'a invité à refaire cette conférence, le 7 décembre, devant le Conseil d'administration de l'Union de la Coopération Forestière Française (UCFF[1])  et demanda à relayer et utiliser ces propos et même diffuser dans les coopératives le power-point projeté, ce que Jean-Marie BALLU a accepté.


[1] Pour mémoire  l'UCFF rassemble 19 coopératives, 120 000 sylviculteurs sur 2 millions d'ha et commercialise 7 millions de m3 de bois. Cyril Le Picard a été réélu le 7 décembre président de l'UCFF pour un troisième mandat.