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vendredi 16 octobre 2015

Forêts domaniales, comme l'Hôtel de la Marine: Inaliénabilité !

Plaque de garde "Forêts Nationales" de 1801.

Pas plus que l'Hôtel de la Marine, enfin sauvé de la liste des biens à vendre, on ne doit envisager la vente de forêts domaniales ! Ce parallèle rappellent les nombreux liens depuis 7 siècles entre forêt, Eaux et Forêts et Marine .
Dans le livre "250 réponses aux questions des amoureux de la forêt" paru en 2006, l'auteur décrivait l'origine (1359, réaffirmé par l'édit de Moulins de 1566) de l'inaliénabilité des "forêts royales", "de la Couronne",  devenues "nationales" à la Révolution, puis "domaniales".
Ce texte, sans lien avec les rumeurs actuelles de cessions de forêts domaniales, se terminait par la phrase : "Espérons, dans un monde où la protection des forêts est d’utilité générale pour la planète et où le privé, à part quelques philanthropes, ne peut investir dans un très long terme, que l’État et les collectivités sauront ne plus aliéner les forêts."
 La seule exception admise historiquement dès le XVII e  siècle était "l'engagement", sorte de prêt avec  élastique ; le roi pouvait gager une partie du domaine mais avec faculté perpétuelle de rachat et seulement pour financer une guerre ; mais nous ne sommes plus en guerre depuis 1945 ! Tout au plus peut-on échanger des parcelles isolées pour résorber des enclaves et restructurer les limites dans l'intérêt patrimonial.
Toutes les lois d'aliénation des forêts (Louis-Philippe etc.) ont rencontré une forte hostilité des Conservateurs des Eaux et Forêts et des personnels forestiers.
On ne vend pas les bijoux de famille, le capital, pour payer des échéances de fonctionnement ou équilibrer le budget de l’État ou de l'ONF.

mardi 26 mai 2015

Bois de musique, de résonance et lutherie

Extrait de "Bois de musique", érable ondé.
Jean-Marie Ballu avec son livre Bois de musique, a été invité sur France musique à échanger en direct avec Vincent Josse et Sofia Anastasio, le 22 mai 2015 de 8 h à 8 h 30 pour évoquer le bois de lutherie et les difficultés d'approvisionnements en bois des luthiers. 
Si il n'y a guère de problème pour trouver des épicéas et sapins de résonance  à accroissement très fins, en revanche les tensions sont vives pour les érables ondés en concurrence directe avec les prix plus élevés (x 2 à x 10 !) offerts par les trancheurs, surtout pour les gros diamètres nécessaires à la réalisation des fonds de violoncelle et contrebasse. Les forestiers comme les scieurs ayant tendance à diminuer les diamètres d'exploitation, ces gros diamètres se trouveraient plus facilement dans les parcs de châteaux et les milieux urbains que dans les ventes de l'ONF.
Quant aux essences exotiques, ébène, grenadille ou pernambouc (Pau Brasil) notamment pour les archets, ils doivent respecter les conventions internationales et proviennent souvent maintenant de plantations spécifiques écocertifiées. 

lundi 20 avril 2015

L'Hermione, cathédrale de bois, est partie le 18 avril !

Un grand moment ! des milliers de spectateurs ; le Président de la République s'est déplacé et a embarqué sur l'Hermione, et en souvenir de La Fayette, le Président Obama s'est exprimé par la voie de son Consul. Lors du grand départ pour les Amériques, Jean-Marie Ballu avait été invité par la presse à commenter l'évènement et à raconter l'aventure de la reconstruction de l'Hermione : ce fut l'occasion de parler de forêt, de charpente navale et des approvisionnements en bois nécessaires.

Europe 1 chez Wendy Bouchard à 12 h le 17 avril :
Photo Europe 1 du 17 avril. DR
Europe 1 : vous êtes l'auteur de l'Hermione l'aventure de sa reconstruction chez Vagnon,... le bébé part à la mer ....
JMB : cela fait en effet 17 ans que j'accompagne ce chantier, c'est un chantier magnifique, on dirait que l'on reconstruisait une cathédrale !  Après 17 ans entre les mains habiles des charpentiers de marine, elle passe aux mains des marins ! Ce n'est plus un chantier en reconstruction, c'est une vraie frégate qui navigue...
Europe 1 : quel était votre rôle ?    JMB : j'étais alors à l'Office National des Forêts chargé de fournir les premiers bois de l'Hermione, j'avais écrit un livre "Bois de Marine" et suivi nombre de reconstructions des bateaux du patrimoine, bateaux traditionnels français, tel la Recouvrance de Brest, après le concours lancé par le Chasse-marée... 
Europe 1 : sur quels plans ?  peut-on vraiment dire que c'est une réplique ? 
JMB : L'Hermione faisait partie de 4 "sister ship", dont l'un avait été capturé par les Anglais qui admirant la construction navale française qui était meilleure que la leur, en avaient relevé les plans ; ce sont ces plans qui ont servi... / ... etc.

France 3 le journal de 12 h le 18 avril avec Marie-Ange Cristofari :
F 3 : Pourquoi avez vous avez écrit "L'Hermione, l'aventure de sa reconstruction", un livre très documenté  chez Vagnon ?
JMB : Je suis forestier et passionné par le bois. Depuis 7 siècles la forêt française a été conditionnée pour produire du chêne pour construire des vaisseaux. On avait perdu l'habitude depuis un siècle de construire ces vaisseaux en bois, alors quel plaisir pour les forestiers et les charpentiers de marine d'y revenir ; réaliser des pièces massives de 40 cm d'épaisseur, une coque de chêne de 55 cm d'épaisseur ! Pour cette coque de 1200 m3 de chêne, on est parti de 8000 m3. La forêt française est trop riche en chêne... parce que l'on ne construit plus assez d'Hermione !
Autrefois réglementairement, sous Louis XVI, il fallait un an et demi pour laisser au bois le temps de sécher, à l'époque en urgence, pour l'Hermione, on a mis que 6 mois, un peu avec des pièces préparées d'avance. Aujourd'hui il a fallu prendre son temps et ces 17 ans, pour les passionnés cela a été merveilleux !
F 3 : Entorses à l'histoire ?  JMB : Il n'y a pas pratiquement pas d'entorse à l'histoire, l'Hermione est authentique, l'Hermione est historique et merveilleuse ! Certes il y a deux trous, percés perpendiculairement dans la coque, et non pas deux longs arbres de transmission horizontaux qui auraient abîmés de nombreux couples ; donc bien sûr il y a 2 hélices en dessous, mais pas d'entorse à la charpente navale pour la coque.../...
J'ai suivi avec plaisir la construction pendant 17 ans.../... et l'Association Hermione La Fayette m'a invité pour les essais qui furent extraordinaires pour moi, avec le Commandant Cariou. Ce fut un grand plaisir de naviguer pendant une dizaine de jours et un peu de tempête et de voir ainsi l'Hermione, après 17 ans passés entre les mains habiles des charpentiers de marine, passer aux mains des marins ! C'est maintenant une autre aventure.

France 3 le reportage du18 avril de 15 h 30 à 16 h 30 avec Pascal Foucaud, diffusion sur tout le littoral atlantique, de Biarritz à Brest et + :  (Extraits des propos de JM Ballu, l'un des intervenants sur le plateau...)
JMB : Voilà près d'un siècle que l'on ne construisait plus de navires (de guerre) en bois et pour les forestiers et les charpentiers de marine, c'est un grand plaisir de voir recommencer la construction navale en bois, et pour construire il faut du chêne.  La forêt française est très riche en chêne, trop riche... Depuis la Gaule chevelue de la période romaine, la forêt n'avait cessé de diminuer, aujourd'hui, elle est 2 fois plus importante en surface que sous Louis XVI. Avec la forêt française en bon état comme elle est, on pourrait reconstruire dix fois la flotte de Louis XIV ou Louis XVI, c'est à dire 100 vaisseaux et 100 frégates.
France 3 : Il a fallu dépoussiérer les métiers oubliés, le savoir-faire perdu ?
JMB : Il était toujours resté un fond de savoir-faire de construction navale pour les pêcheurs, avec de gros chalutiers en bois et le savoir-faire a été conservé. On peut se poser la question de ce qu'est la naissance d'un navire ? Est-ce sa mise à l'eau ?, la pose de sa quille ? n'est-ce pas aussi un peu, on entre dans le bois, l'abatage des grands chênes pour sa quille ?  voire deux siècles avant la plantation sous Louis XVI des chênes  qui ont été utilisés ?
France 3 : est-ce le prélude à une nouvelle filière ? JMB : on le souhaiterait bien. Il faut préserver ces savoirs-faire. Heureusement qu'il y a quelques grandes répliques comme l'Hermione et cette réplique est pour nous fantastique ; alors que depuis un siècle on ne prenait plus guère de bois pour faire des navires, aujourd'hui on recommence.
France 3 : c'est une rencontre entre modernité et tradition. 
JMB : Le navire est parfaitement historique au niveau de sa coque en chêne, à 95 % historique, ce n'est pas parce qu'il y a deux petits trous pour laisser passer des arbres verticaux,avec un angle avec au bout deux hélices... Pour construire un navire il faut deux sortes de bois, des bois droits faciles à trouver (quilles et bordages) ; mais surtout des bois courbes, pour les couples, côtes de la frégate, en bois de fil, il fallait que les arbres aient poussé tordus, et des "courbes" sortes d'équerre entre les ponts et la coque, les plus difficiles à trouver.
France 3 :il fallait combien de temps à l'époque ?  JMB : Les consignes sous Louis XVI étaient qu'il fallait construire les frégates en un an et demi pour laisser aux bois le temps de sécher, peur des bois peu secs et de leur déformation. L'Hermione a été faite en six mois, un peu en urgence, avec des pièces déjà taillées à l'avance.  Pour notre Hermione d'aujourd'hui, l'Association Hermione La Fayette a eut la sagesse de mettre 17 ans, les bois sont bien secs ! on a bien respecté l'esprit de Louis XVI ! 
France 3 : pour conclure, très rapidement un dernier souhait pour l'Hermione ? JMB : que l'Hermione nous revienne à Brest puis à Rochefort comme témoin de cette construction navale française qui a été si bonne

Pour plus de détails, cf. livres de JM Ballu : l'Hermione l'aventure de sa reconstruction (Vagnon), La Fayette's liberty ship of 1780,  (version anglaise chez IDF), et Bois de Marine, Les bateaux naissent en forêt (IDF).
 

mardi 10 février 2015

De Louis XIV à aujourd'hui, le cerf s'emballe et grimpe en montagne, exposé de l'ONCFS à l'AFEF

Louis XIV aurait dit "aux grands bois, les grands cerfs..." signifiant ainsi que les massifs forestiers étendus étaient le meilleurs territoires pour le cerf. Les paysans se plaignaient des dégâts à leurs cultures, dus au passage des équipages, mais le cerf était peu présent sauf dans les grandes forêts de la Couronne.
Le cerf n'a cessé de progresser depuis la loi du plan de chasse de 1963, l'extension de 1979, l'obligation judicieuse du tir à balle et les modifications agricoles. Après ce plan quantitatif, maximum, l'instauration de plans trop qualitatifs a rendu l'efficacité de la chasse plus difficile, d'où un non-respect. Le système instauré pour limiter les prélèvements ne s'est pas révélé pertinent pour limiter les populations. Dans certaines forêts les dégâts, non indemnisés au contraire des dégâts agricoles, sont tels que les peuplements forestiers ne sont plus  régénérés.

Aujourd'hui le cerf, en surnombre dans certaines forêts, colonise de petites forêts, d'autres départements et monte en altitude. Comme l'a indiqué François Klein de l'ONCFS (CNERA cervidés sangliers), lors d'un petit-déjeuner de l'Association Française des Eaux et Forêts (AFEF) au Club du Musée de la Chasse,  "la colonisation se poursuit" en présentant deux cartes,1985 et 2010.
L'évolution des demandes de plan de chasse et des prélèvements de cerfs depuis 1973, malgré une inflexion depuis 1999, montre une progression, mais les prélèvements sont encore insuffisants pour maitriser les effectifs de cerfs ; en effet la courbe serait horizontale si le prélèvement correspondait au recrutement annuel (équilibre). Bref pour l'avenir des forêts, il faut augmenter les plans de chasse et maitriser les populations.
Il est très sympathique de voir le cerf, magnifique, coloniser de nouveaux territoires, mais il vient souvent s'additionner à d'autres grands ongulés, chevreuils, chamois et mouflons ou bouquetins déjà présents. Il faut se préoccuper plus encore des possibilités de régénération des forêts, en donnant des plans de chasse dès l'apparition du cerf dans les forêts où il n'est pas désiré, et en simplifiant les plans de chasse ailleurs.

samedi 26 avril 2014

Petits-déjeuners de l'AFEF


Paris le 2 mai 2014 - L'Association Française des Eaux et Forêts (AFEF, dont Jean-Marie Ballu, est Vice-Président organise des petits déjeuners (conférence-débat) dans les locaux du Musée de la Chasse et de la Nature, 60 rue des Archives Paris 03.