jeudi 7 novembre 2019

Yann Arthus-Bertrand au chevet de Notre-Dame de Paris. Restaurons en chêne sa charpente


Yann Arthus-Bertrand est venu le 24 octobre 2019, à l'Association Restaurons Notre Dame à l'invitation de son président, Pascal Jacob. 
Il est en effet devenu le parrain de cette association qui demande la reconstruction à l'identique, en chêne massif, de la charpente.
Pascal Jacob, Yann Arthus-Bertrand et Jean-Marie Ballu
Jean-Marie Ballu, l'un des neuf membres fondateurs de cette association, avait été chargé d'accueillir Yann Arthus-Bertand qui déclara être amoureux des forêts et du bois ; pour lui la reconstruction en bois de la charpente de Notre-Dame de Paris était "une évidence" !


Des débats de haute volée et une très belle assistance dans les salons de la mairie du Quatrième pour cette conférence autour de nombreux spécialistes techniques. Philippe Gourmain, expert forestier chargé par France Bois Forêt d'approvisionner le chantier avec les chênes offerts par les forestiers, est largement intervenu.
Il faudra attendre près d'un an pour connaitre l'état précis de la structure avant les prises de décisions sur la reconstruction.
Pour plus de renseignements, ci-dessous le lien d'accès au site de l'association "Restaurons Notre-Dame" ; il vous permet d'accéder aux photos et vidéos de cette manifestation ainsi qu'au dossier de presse : Conférence Restaurons Notre-Dame.

lundi 30 septembre 2019

Bois d'aviation à Toulouse au Festival Aérospatial des Etoiles et des Ailes. Les 5 et 6 octobre 2019

A l'invitation du Festival aérospatial des Etoiles et des Ailes à Toulouse Jean-Marie Ballu y sera à nouveau présent. Rendez-vous avec les auteurs et donc avec Jean-Marie Ballu  les samedi 5 et dimanche 6 octobre 2019 à la Cité de l'espace.


Il avait obtenu pour son livre "Bois d'aviation, sans le bois l'aviation n'aurait jamais décollé" à Toulouse le "Prix des Ailes" avec France Bleu.
Ce livre avait également obtenu à Paris "Le prix du livre aéronautique" des deux associations des "Vieilles Tiges" (les pilotes) et des "Vieilles Racines" (les mécaniciens aviation), ainsi que le "Label du Centenaire" de la Première Guerre mondiale, bien qu'un seul tiers de ce livre y soit consacré.
Il raconte en effet l'épopée des avions en bois et toile, depuis leur naissance à l'époque des "faucheurs de marguerites" qui "cassait du bois", juste avant la Première guerre mondiale, puis lors de la Seconde avec des avions très rapides, jusqu'à aujourd'hui où des avions de voltige sont toujours en bois ou bois et carbone.

vendredi 20 septembre 2019

Urgence climat et forêts, du Finistère à l'Amazonie. Brésil. GIEC. +7°. ONU sommet du 21 /23 sept. 2019

Survol de la vraie forêt primaire amazonienne intacte. 
Des forêts du "bout du monde", le Finistère, à celles de l'Amazonie. Reboisements à faire !   on se dirige vers +7°. Le budget du Ministère de la transition écologique et solidaire va être augmenté de 800 millions d'euros… Pour la planète, le plus urgent est l'arrêt de la  déforestation qui entraîne le déstockage énorme et brutal du carbone piégé dans la forêt et son sol. Ce n'est pas la forêt humide qui brûle au Brésil, il s'agit d'incendies volontaires sur les défrichements … et de plus la déforestation reprend ! 
Quant à la France, la surface forestière progresse mais sans être rajeunie et toujours sans fonds de reboisement ; il s'y prépare des trous de production à horizon de 30 ans.

Forestiers du Finistère : Une belle assistance le samedi 14 septembre 2019 à Châteauneuf du Faou, une centaine de personnes rassemblées par les propriétaires forestiers. Y assistaient également les représentants de la Chambre d'agriculture, de la Fédération des chasseurs et de l'Administration.
Jean-Marie Ballu y avait été invité pour une conférence sur la forêt française et son bois. Il rappela la nécessité de reprendre les plantations très utiles pour répondre aux importants besoins français et à l'urgence climatique...
Quant aux forestiers du Finistère, ils insistèrent sur les plantations d'épicéas de Sitka et de peupliers, très utilisés localement  mais en volumes actuels et futurs très insuffisants pour répondre à la demande.

Replantations : Après avoir évoqué la situation française et la nécessité de reprendre les plantations comme demandé mondialement par le GIEC, JM Ballu élargit la problématique à la protection des forêts tropicales humides. Il rappelle que le rapport Puech de 2009 comme le rapport le Guen de 2010 proposaient la création d'un Fonds de reboisement et d'adaptation au changement climatique (FRAC) . Il pourrait être alimenté par les entreprises, notamment de la construction, et les industriels concernés par la taxe carbone.

Défrichements devenues terres agricoles auxquels le feu est mis. Brésil.

Incendies en Amazonie : Le défrichement des forêts tropicales humides est catastrophique car près de 20 % des émissions des gaz à effet de serre anthropiques viennent de la déforestation. Il faut d'abord arrêter totalement le déboisement des forêts primaires puis envisager des reboisements dans les zones défrichées. Les jeunes plantations captent beaucoup plus de CO2 et fournissent de l'oxygène.
Après la COP de Copenhague et à la demande du Président de la République, le député du Finistère, Jacques le Guen, et Jean-Marie Ballu ont fait le tour des pays concernés. Au Brésil ils avaient été reçus par la Secrétaire d'Etat à la biodiversité et à la forêt et par le Ministre de la justice (voir "Protection des forêts tropicales et de leur biodiversité contre la dégradation et la déforestation", rapport du 12 octobre 2010 au Président de la République).
Zones défrichées pour le bétail sur la forêt primaire au fond. Brésil.
En 2010 le vent tournait, les politiques   reconnaissaient que la surface défrichée était devenue suffisante. Malheureusement le lobby agricole a repris le dessus  avec les défrichements. Certains des scientifiques et spécialistes concernés sont à nouveau menacés ou licenciés.
Aujourd'hui ce n'est pas la forêt "humide" qui brûle, mais les zones déjà défrichées, mal cultivées, s'épuisant, auxquelles les paysans mettent le feu pour les nettoyer et les étendre au profit du bétail ou des palmiers à huile. En Indonésie (Sumatra et Bornéo) le problème est bien voisin. 
Avec le Mercosur, le marché international achète ces produits agricoles de l'ex-forêt primaire, bœufs, huiles de palme, soja ; les Européens encouragent donc, sans parfois s'en rendre compte, la poursuite et la reprise des défrichements de la forêt primaire. 

+ 7 degrés et taxe Carbone : 
Les scientifiques français ont annoncé le 16 septembre que deux modèles pronostiquaient un réchauffement en fin du siècle atteignant près de 7 ° C et non plus les 2 ° des accords de Paris de 2015 ! 
Il faut vraiment agir ! Et le 17 septembre la Cour des Comptes évoque la taxe carbone. Oui elle a raison d'en reparler. Sans remonter à l'essai avorté de 2009, devenu une usine à gaz pour rembourser aux ruraux les sommes qui leurs étaient prélevées, il faudrait une taxe intelligente, fléchant l'utilisation des fonds vers des objectifs clairement climatiques, tels les plantations d'arbres demandées par le GIEC. Enfin il faudrait simultanément une taxe aux frontières pour éviter les concurrences déloyales et intégrer le coût carbone des transports lointains.

Alors arrêtons la déforestation et pour la planète, replantons des arbres ! Pensons-y au sommet pour le climat de l'ONU des 21 et 23 septembre 2019 à New-York.

Brésil : des pâtures pour bovins et de nouveaux défrichements sur la forêt primaire.


mardi 30 avril 2019

Les charpentes en chêne, de l'Hermione à Notre-Dame de Paris, un volume comparable. Comparons !



De l'Hermione à Notre-Dame de Paris, une charpente en chêne de 1300 à 1400 arbres. Un volume de bois comparable mais une mise en œuvre beaucoup plus complexe en charpente navale. L'Association Française des Eaux et Forêts, AFEF,  a publié sur son blog le 17 avril 2019 un article rappelant que les forêts françaises disposent de tout le bois nécessaire tant en qualité qu'en volume, et ce sans aucun problème : "une goutte d'eau" pour notre forêt.  (voir  www.afef.frPour mémoire : l'AFEF, association reconnue d'utilité publique et créée il y a près d'un siècle, est un cercle de réflexion regroupant des responsables forestiers et des professionnels du bois. 

Dès le 16 avril, avec Jean-Marie Ballu, le Télégramme évoquait ce volume de bois, assez comparable à celui demandé pour la reconstruction de l'Hermione. cf https://www.letelegramme.fr/france/notre-dame-la-charpente-c-est-le-meme-nombre-de-chenes-que-pour-l-hermione-16-04-2019-12260781.php (pour plus de détails, voir le livre "l'Hermione, l'aventure de sa reconstruction", par J-M Ballu éditions Vagnon / Fleurus).

Pour une charpente de cathédrale, il s'agit de bois droits faciles à trouver et de diamètre moyen ; par contre pour une coque comme celle de l'Hermione, la recherche est beaucoup plus difficile car il faut aussi trouver des "fourcats" (en fourche) et des bois courbes, courbant et tors de gros diamètre ; de plus la mise en œuvre est beaucoup plus complexe ! 
Parce que hissés à grande hauteur avec les moyens de l'époque, de simples cages d'écureuil, les sections des bois de Notre-Dame de Paris, sont relativement faibles (diamètre des troncs de l'ordre de 35 à 45 cm) donc séchant beaucoup plus vite, une fois débités (sciés). En revanche, dans les grands châteaux comme Chambord, les sections des poutres de planchers avaient été réalisées dans des chênes de 80 cm à près d'un mètre de diamètre. 
Nos entreprises ont déjà une partie du stock nécessaire en séchage. De plus, même dans les chantiers de marine, on commençait avec les stocks de bois secs, mais une partie du séchage se faisait à l'air le bois étant déjà mis en place, et si on manquait de "bois sec", on ralentissait de quelques mois la construction pour laisser sécher ; c'était d'ailleurs surtout pour les bordages (pour l'étanchéité de la coque) que l'on exigeait du bois "sec". Sous Louis XVI, la réglementation imposait qu'une frégate reste au moins deux ans en chantier pour permettre à la membrure de sécher (chantier en général de 3 à 5 ans).

Pascal Jacob, expert bois, a dans le même sens adressé, au Président de la République, à propos de la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre Dame de Paris, une lettre démontrant l'importance de reconstruire en bois https://www.pascaljacob.fr/notre-dame-de-paris 
Cliché Pascal Jacob






La comparaison entre "les charpentes de nos bâtiments de terre ou de mer", comme le disait l'ordonnance de Colbert en 1669, reste instructive. Enfin prévoir un village d'artisans au pied de Notre-Dame serait extrêmement instructif et ferait une belle promotion de nos savoir-faire. C'est ce défi qui a été remarquablement relevé par l'Association Hermione Lafayette, avec Benedict Donnelly et notre académicien Erik Orsenna, en réalisant en 17 ans une superbe réplique historique de la frégate qui avait officiellement conduit La Fayette aux Etats-Unis. 
La restauration de la charpente de Notre-Dame de Paris, qui lui avait permis de durer près de 9 siècles et aurait pu durer plus encore, doit se faire dans les règles de l'art et de l'histoire pour les siècles à venir.