mercredi 16 septembre 2020

Le sapin de Noël, un symbole du vert

 Comme président de l'AFEF, voici le communiqué que j'ai adressé dès le 12 sept. 2020. 

Pourquoi le maire de Bordeaux veut-il tuer notre traditionnel sapin, symbole du renouveau de la vie, en refusant d’ériger ce qu’il qualifie sinistrement « d’arbre mort de Noël » ? Il est pourtant un parfait symbole « vert » de l’éternité. L’arbre de Noël  est une tradition ancienne qui apporte la joie et ne fait de mal à personne.

L’AFEF estime que s’en prendre à cet arbre symbole pour le tuer, est dérisoire.

Pourquoi le nouveau maire de Bordeaux veut-il tuer le sapin de Noël ?

Contrastant avec une nature dénudée, triste et en repos hivernal, depuis la période romaine les végétaux à feuilles persistantes, houx, chêne vert ou résineux, symbolisent la vie éternelle, le renouveau de la vie et la force ; ils ornaient ainsi le front des vainqueurs.

Le sapin est un symbole d’éternité païen très ancien. Le missionnaire Saint Colomban, qui érigea en l’an 590 le monastère de Luxeuil (Vosges du Sud, Haute-Saône), christianisa avec une croix et de nombreuses lanternes apportées par la population pour l’illuminer, un vieux sapin, objet d’un ancien culte païen, culte de l’arbre développé en particulier par les Scandinaves et les Germains.

Décoré de pommes rouges, le sapin notamment célébré lors du solstice d’hiver était l’arbre du paradis et on le mentionne en 1510 en Lettonie et en 1521 à Sélestat. C’est en Alsace et dans les Vosges que semble remonter la pratique d’aller chercher en forêt un beau sapin pour décorer la ville.  Au XVIIe siècle déjà, les aubergistes de Mulhouse décoraient leur façade de branches de sapin prélevées dans la forêt voisine du Tannenwald (délibérations de 1667 et 1680).

Aujourd’hui, l’arbre de Noël est une façon d’amener une partie de la forêt au cœur des villes pour la présenter aux urbains. A plusieurs reprises les forestiers comme les agriculteurs ont aussi su présenter des champs de blé et de petites parcelles de forêt aux centres des villes comme sur les Champs-Elysées.  C’est simplement une bonne communication pour sensibiliser les citadins à la nature.

L’Association Française des Eaux et Forêts (AFEF) estime que vouloir supprimer le symbole de l’arbre de Noël est inutilement punitif, il vaudrait mieux se préoccuper des difficultés de la filière forêt-bois et de la survie des forêts attaquées par la sécheresse et certains insectes.

Les forestiers font partie des plus anciens protecteurs de la nature et véritables écologistes ; ils sont heureux de pouvoir présenter aux citadins des échantillons de vraie nature, des confettis de forêt, en attendant qu’ils aient l’occasion de se ressourcer dans la forêt même. Dans un monde de plus en plus minéralisé et urbanisé, mettre une touche de vert joyeux avec les arbres de Noël participe à la communication pour la connaissance et la protection des forêts.

L’Edit de Brunoy de Philippe VI de Valois en 1346 édictant que les coupes de bois doivent être réglées de façon à se soutenir perpétuellement pose parfaitement les fondements de la gestion soutenable, depuis organisée par des aménagements ou des plans de gestion qui préservent pour l’avenir nos forêts ; la plupart sont certifiées PEFC.

Quant aux arbres de Noël, épicéas sapins (blancs ou de Nordmann) ils sont pour l’essentiel plantés et cultivés hors forêt à cet effet, en milieu agricole (plus de 5 millions par an). Seuls les quelques rares grands sapins sont prélevés en forêt avec précaution et sans aucun dommage.

Avec le feu dans la cheminée réchauffant l’ambiance, l’arbre de Noël est un symbole de joie et de la magie de Noël mais aussi de lutte de la forêt contre la pollution et le réchauffement climatique. Pensons à la joie des enfants et ne soyons pas punitifs.

On ne peut vouloir utiliser un maximum de bois, matériau renouvelable et écologique essentiel, dans la construction de nos maisons, dans l’ameublement et dans le chauffage durable des logements et ignorer naïvement que ce bois provient d’un arbre coupé. Couper des arbres fait partie du cycle normal dans la nature, comme récolter son blé, mais à condition de gérer de façon soutenable nos forêts comme c’est le cas en France.

Le nouveau maire de Bordeaux a décidé de supprimer le traditionnel arbre de Noël des places de la ville car « il ne veut pas présenter un arbre mort de Noël». Préfère-t-il ériger un arbre en plastique ? Ces sapins en plastique polluant sont malheureusement proposés mais ne sont plus qu’une fausse image de la nature. Ce concept de l’arbre mort relève de la même vision que ne plus couper une salade. Il lui faut aller plus loin et interdire aussi les marchés aux légumes fraichement tués et aux fleurs coupées, ces dernières également preuve d’amour et source de joie... La mort est pourtant le sort inéluctable de tout être vivant.

Il tente d’argumenter « il est trop couteux de faire traverser la France et d’ériger ces grands sapins ». Bordeaux est au cœur de l’Aquitaine, région très forestière, et refuser l’arbre de Noël est un affront fait à sa Région et à ses habitants. Car des résineux - sapins, épicéas,  douglas, etc. – existent aussi à bien moindre distance. Solution de repli, si c’est vraiment un problème de coût, ériger un beau pin maritime d’âge moyen au port encore conique, serait un sympathique symbole des Landes.

Même les plus petites communes rurales savent trouver à proximité et à très faible coût leur arbre de Noël et le mettent en place avec leur service technique pour la joie de leur population.

L’AFEF estime que s’en prendre à cet arbre symbole pour le tuer, est triste et bien dérisoire.

AFEF, jmb 12 septembre 2020.

vendredi 5 juin 2020

Jean-Marie Ballu auditionné par Anne-Laure Cattelot, députée en mission forêt-bois


Le vendredi 5 juin 2020, et dans le cadre de sa mission forêt-bois, Madame la Députée Anne-Laure Cattelot a auditionné Jean-Marie Ballu, le président de l'AFEF.

Cet entretien d'une heure en télé-travail, en présence de Michel Hermeline, a permis d'évoquer différents problèmes de la filière.


Ce fut l'occasion pour Jean-Marie Ballu de rappeler la tenue le 26 septembre 2016 d'un colloque de l'AFEF au Sénat intitulé "Pour un essor de la filière forêt-bois" ; il avait rassemblé 250 professionnels de la filière. Il a fait l'objet du document "Acte du Colloque (encore disponible à la librairie de l'IDF/CNPF). Le Conseil d'administration de l'AFEF en avait tiré en mars 2018 "10 propositions pour un essor de la filière forêt-bois" adressées au Président de la République et aux différents ministères et parlementaires concernés (cf. articles antérieurs sur le même site).


Jean-Marie Ballu a aussi évoqué le "Rapport Puech", commande du Président de la République, remis le 6 avril 2009 sous le titre "Mise en valeur de la forêt française et développement de la filière bois". Ses propositions restent largement d'actualité ; pour mémoire il avait été suivi d'une douzaine de décrets et arrêtés pour la filière.

Lors de cet entretien ont été également évoqué le récent rapport de la Cour des comptes et les propositions conjointes de différentes associations de protection dont l'UICN et FNE.

Jean-Marie Ballu a rappelé son éditorial du  18 mai (cf article précédent) qu'il avait déjà adressé à Madame la Députée Anne-Laure Cattelot évoquant, dans la cadre des circonstances actuelles et post-conoravirus, les mesures à prendre. Il a estimé que le rapport imminent -fin juin- de Madame Cattelot en sera d'autant plus attendu. De plus le Président de la République et le ministre de l'économie insistent déjà sur une "relance verte".
La nécessaire transition écologique déjà largement envisagée connaitra-t-elle une accélération faisant une vraie place à la forêt et au bois ou sera-t-elle noyée dans le réalisme économique d'une période à venir très délicate ; la forêt et le bois, dont le rôle dans la lutte pour la planète et contre le réchauffement climatique sont parfaitement reconnus, sont hélas trop souvent mis en attente devant les urgences économiques et de l'emploi.

Il a été convenu que le président de l'AFEF restait à la disposition de Madame la Députée en mission.

samedi 7 mars 2020

#Notre-Dame de Paris, sa #forêt et le peu de #chêne nécessaire. Les #Compagnons charpentiers


Pour montrer  la charpente de Notre-Dame de Paris et pouvoir la refaire à l'identique en bois, deux fermes étaient présentées au Salon de l'Agriculture de février 2020. Il fut écourté d'un jour. 
Au Grand-Palais seront présentés 2 fermes et, intercalés, 5 "Chevrons-formant-fermes" réalisés par les "Compagnons du devoir et du Tour de France" (apprentis des ateliers de Gennevilliers), voir schéma ci-dessous.

Il avait déjà été présenté au Salon des maires en novembre 2019 et devrait être à nouveau remonté au Grand-Palais du 4 au 16 avril au "Forum bois construction". Cet élément de charpente a été econstruit à titre démonstratif à l'échelle 3 / 4 pour pouvoir entrer dans ces halls d'exposition... sauf le Grand-Palais qui aurait pu l'accueillir en taille réelle...
Le grand public, du parisien à l'étranger, trouverait magnifique de voir, ou revoir comme il y a 8 siècles, des maitres charpentiers et des compagnons tailler ces fermes, ou une partie, à la doloire et l'herminette, sur le parvis même. Quelle démonstration pour le public qui ne manquerait pas de s'y précipiter et d'y revenir suivre l'avancement du chantier ! France-Bois-Forêt et son président Micchel Druilhe ont organisé ces présentations et prévu avec les forestiers publics et privés, le don des 1200 chênes nécessaires et, avec les professionnels, le sciage gracieux des bois pour refaire à l'identique cette charpente. C'est en juin-juillet que l'on devrait connaître les conditions techniques et les impératifs de la reconstruction.


Yann Arthus-Bertrand, parrain de l'association "restaurons Notre-Dame" en bois, à l'invitation de Pascal Jacob, déclarait le 24 octobre 2019 "la charpente de Notre-Dame de Paris ne peut qu'être reconstruite en bois" c'est-à-dire en ce chêne, si abondant de nos forêts françaises.


La quantité de bois nécessaire est la même que celle de l'Hermione, c'est-à-dire une goutte d'eau pour notre forêt (cf. notre article du 30/04/19  et nous reviendrons sous peu sur ce point).
Photos de détails beauté des assemblages par tenons et mortaises , et, à droite, par "tenon traversant claveté". 
De véritables sculptures sur bois !




mercredi 19 février 2020

#Histoiredesforêtsfrançaises au #salon international de l'agriculture Porte de Versailles. #Histoire #Forêt


Le livre "Histoire des forêts françaises, de la Gaule chevelue à nos jours" , sera présenté au Salon International de l'Agriculture sur le stand de France-Bois-Forêt (Hall 4, stand B 140) qui se tiendra du 22 février au 1er mars 2020 à la Porte de Versailles à Paris. 
Des rencontres avec les auteurs y sont programmées les 28 et 29.

Jean-Marie Ballu et Georges-André Morin, à l'invitation d'Antoine d'Amécourt, président de la Fédération des forestiers privés de France, Fransylva, seront au Salon International de l'Agriculture pour présenter le livre "Histoire des forêts françaises, de la Gaule chevelue à nos jours" . Ils seront présents, ensemble ou à tour de rôle, pour rencontrer les lecteurs et éventuellement dédicacer les vendredi 28 et samedi 29 février de 14 h à 16 h.

Après une diffusion sur catalogue et une vente par correspondance qui a connu un très bon succès depuis début décembre 2019, à sa sortie d'imprimerie, le livre est maintenant accessible dans toutes les bonnes librairies et bien sûr au CNPF, 47 rue de Chaillot (Paris), ou par exemple aussi au Musée de la Chasse et de la nature, 60 rue des Archives, Paris 3.
Il devrait compter et figurer dans les bibliothèques de tous nos amis forestiers ou amoureux de la nature.
Pour plus de détails sur le livre, cf. articles précédents du 25 novembre et 24 décembre (voir ci-dessous).